jeudi 20 juillet 2017

L'imperméable fascination des lettres (rediff)

L'été, le clavier cannibale, trop occupé à sucer la moelle des livres à venir, ne s'embête pas: il recycle, c'en est presque écolo. Voici donc ce qu'on publiait le 19 juillet 2013, il y a quasi quatre ans…



Partons de l’hypothèse – improbable mais séduisante – que chaque livre recèle une part d’extraordinaire – au sens littéral, c’est-à-dire quelque chose – un détail, un accroc, un fil dans la porcelaine – qui le distingue des autres, une anomalie qui ne soit pas directement imputable à sa substance textuelle mais erre à sa surface, dans ses marges. Ce peut être un coquelicot fané et aplati, retrouvé entre ses pages, ou une coquille rendant risible tel propos, une erreur de pagination, une tache singeant une forme révélatrice, bref, n’importe quel accroc susceptible d’arracher le livre à son ordinaire d’encre et de papier, un infime défaut, une particularité, une bizarrerie dont l’auteur ne soit pas le responsable direct.
Prenons donc au hasard un livre dans notre – interlope – bibliothèque de campagne. Il s’agit d’un essai, intitulé Traces, signé Ernst Bloch, paru dans la collection Tel de Gallimard. Notre quête sera brève durée, car le quatrième de couverture nous offre généreusement l’anomalie évoquée plus haut, et ce dans le cadre para-textuel. En effet, dans le texte de présentation figurant au dos de l’ouvrage (texte hélas anonyme), on tombe sur la phrase suivante, éminemment dissuasive :
« Ce bric-à-brac philosophique (imperméable à quiconque n’est pas fasciné par Munich ou Berlin des années 20), constamment déroutant […]. »
Voilà au moins un livre qui n’aura que des lecteurs deux fois avertis et largement acquis à sa cause, car le « club des fascinés du Munich des années 20 » ne doit pas briller par son nombre. En outre, combien parmi ses membres seront perméables à ce que l’éditeur nous présente, avec une franchise déconcertante, comme étant un « bric-à-brac philosophique ? A-t-on raison de mettre ainsi en garde le lecteur ? De pratiquer une sélection culturelle aussi rigoureuse ? Faut-il garder l’enceinte des livres, faire passer un test aux éventuels acheteurs ? L’honnêteté, ainsi poussée à son paroxysme, ne risque-t-elle pas d’étrécir cruellement le cercle potentiel des curieux ? Imaginez qu’au dos de La critique de la raison pure figure l’avertissement suivant : « Les personnes peu enclines à se vautrer dans l’impératif catégorique feraient mieux de passer leur chemin. » Ou qu’en préambule au Pinocchio de Collodi, on lise ceci : « Déconseillé aux nez fastes. » Arf.
Ne devrait-on pas, bien au contraire et systématiquement, entrer dans les livres par effraction ? S’y avancer, caché, afin d’en mieux éprouver la turbulente étrangeté ? Les aborder en pirate, avides de prises, et non rester, tout benêt, à se décrotter l’esprit sur le paillasson de leurs préambules en attendant qu’une main invisible nous fasse signe ? Quelque part, nous sommes tous des fascinés du Munich des années 20, c’est juste que nous n’en avons pas encore conscience. Mais notre nez ne demande qu’à pousser, nos catégories aspirent devenir kantiennes.
Un livre imperméable ? Allons donc ! Plût au ciel que le lecteur, en sus de pluie, soit acide.

lundi 17 juillet 2017

La nuit des temps, c'est à Rennes

On vous signale l'ouverture d'une nouvelle librairie, à Rennes. Son nom: La nuit des temps. Fruit de l'obstination de Ayla Saura et Solveig Touzé, elle ouvrira début août et elle est située au 10 quai Emile Zola — sa particularité sera d'être axée, entre autres, sur le féminisme. Enfin.

Ayla et Solveig ont par ailleurs échangé récemment avec l'équipe d'une autre librairie qui vient d'ouvrir, Les Rebelles Ordinaires, à La Rochelle celle-ci, sous la houlette de Guillaume Bourain. 

Je résume: à l'ouest, que du nouveau.

dimanche 16 juillet 2017

Master Crasse: quand Jardin brade son génie



L'un des auteurs de langue française les plus lus?! Allons bon. Permettez que je m'étrangle. C'est l'été. On pourrait croire que, chaleur aidant, soleil poussant, les écrivains s'en sont allés lisser leur plume à l'ombre d'on ne sait quel bonzaï zaï zaï. Eh bien non, il s'en trouve un pour faire des heures sup. Et se faire un peu de thune en rab, du coup. Evidemment, ça ne pouvait pas être n'importe qui. Il fallait que ça soit Alexandre Jardin, qui à défaut de réussir ses livres n'en rate pas une.

Allez sur son site et vous découvrirez… sa MasterClass! N'hésitez même pas, inscrivez-vous. Si je vous dis ça, c'est parce que là c'est les soldes, ou la promo, bref, Jardin vous offre ses lumières pour la modique somme de 150 € au lieu de 200 €. Jusqu'à quand dure cette fleur ? Jusqu'au 30 septembre, parce qu'après vous pourrez acheter le livre de conseils pour la somme de 15 euros. Mais pourquoi attendre et payer 15 euros pour du papier, hein, alors que pour dix fois plus vous bénéficiez immédiatement des intuitions du maître et ce… en vidéo. Oui, une vingtaine de spots pour faire de vous l'égal littéraire d'Alexandre Jardin (ce qui vous donne déjà une notion de l'escabeau, pardon, de l'échelle en question).

Devenez écrivain: c'est ce que AJ nous propose, vous propose (et devrait également se proposer, tant qu'à faire):

"MES 20 SECRETS DÉVOILÉS POUR ECRIRE UN ROMAN. Vous avez du mal à écrire votre livre ? En 20 vidéos, je vous transmets tout ce que je sais de l’écriture d’un roman : vingt interrogations essentielles, vingt conseils pratiques, vingt confidences d’écrivain.
Ma Masterclass partage avec toutes celles et ceux qui veulent réussir «leur livre» mon expérience d’auteur de plus de vingt romans (Prix du Premier Roman, Prix Fémina), traduits dans plus de vingt langues et lus par des millions de gens.
Tout le monde n’a pas la chance que j’ai eue, très jeune, de rencontrer des éditeurs d’exception capables de faire murir [sic] son roman. Mon objectif est simple : vous aider à écrire le livre que vous êtes le/la seul(e) à pouvoir écrire, VOTRE LIVRE ! Maintenant. Votre session MasterClass sera valable 24 mois."
Vous aurez remarqué que chez Jardin, "mûrir" ne prend pas d'accent circonflexe. Mais peut-être a-t-il voulu taper "mourir"? Mouais? (Genre: va tous murir!!!) Bref, difficile de résister au marabout Jardin, qui assure le retour du talent aimé et vous promet gloire et accomplissement (pour les travaux de plomberie et de désenvoûtement, on ne sait pas). Quels sont donc les 20 (prononcez "vain") thèmes qu'en 20 (prononcez là aussi "vain") vidéos traite ce démiurge des lettres? Les voici les voilà:
1) Se donner le droit d’écrire…2) Ecrire ce qu’on est le seul à pouvoir écrire3) Qu’est-ce qu’un bon « éditeur » ?4) Ecrire, c’est transgresser. Jusqu’où aller trop loin ?5) Distinguer le sujet de l’intrigue6) Trouver l’archétype que met en scène le roman, c’est trouver ses personnages7) Stocker son vocabulaire8) Faut-il un plan ? Et comment l’utiliser.9) Le JE ou la troisième personne10) A qui écrit-on quand on écrit ?11) Comment commencer ? Ecrivez « le monstre » et ne jugez pas votre premier jet !12) Ecrire c’est réécrire : s’approprier sa phrase13) Comment s’écoule le temps dans un roman ?14) Monter et remonter son roman comme un film.15) Améliorer son livre par des relectures thématiques.16) Couper sans pitié17) Ecrire avec vérité : le baromètre de la joie18) Comment sait-on qu’un livre est achevé ?19) Que demander aux correcteurs professionnels ?20) Le secret de fabrication de chacun de mes romans !
Bon, je ne vais pas me livrer à une exégèse de ces tables de la loi, mais j'avoue être assez fasciné par des questions comme "jusqu'où aller trop loin?" et "faut-il un plan?". C'est vrai, quoi, c'est bien beau d'aller trop loin, mais il y a sans doute une limite à partir de laquelle le "trop" devient… trop trop? Plus que trop? En revanche, je vois mal quoi faire d'un "baromètre de la joie", hormis l'introduire là où doit être situé le génie chez AJ, et je n'ai aucune idée d'en quoi consiste l'acte de "stocker son vocabulaire". Ça m'intrigue un poil. Mais bon, 150 euros… C'est quand même le prix d'une cuvette de chiottes de marque Durault comprenant 1 réservoir Ondima et 1 abattant S50 (j'ai vérifié). Ça demande réflexion…

mardi 11 juillet 2017

Le mystère de la chambre obscure

C'est l'histoire d'une chambre. D'une pièce manquante qui est encore là. D'un vide donnant sur un espace peut-être infini. C'est l'histoire d'une quête qui tourne à l'obsession puis au salut. Il était une fois une mansarde, sise au 19, Princelet Street, à Londres, au-dessus d'une ancienne synagogue laissée à l'abandon. Nous sommes en 1979 quand on en rouvre sa porte. La chambre est inhabitée depuis une quinzaine d'années. Le précédent locataire a disparu un beau jour, au début des années 60, et tout est resté en place. Il s'appelait David Rodinsky et il vivait là en reclus, lisant, étudiant, survivant. C'était un juif d'origine ukrainienne né en 1925. Un reclus. Et malgré lui, un artiste de la disparition…

Le secret de la chambre de Rodinsky est un essai à quatre mains par Iain Sinclair et Rachel Lichtenstein. Cette dernière, ayant décidé d'écrire sa thèse sur l'immigration des Juifs d'Europe orientale dans l'East End de Londres, se rend dans la capitale et plus particulièrement à la synagogue de Princelet Street, devenu le Heritage Center. C'est là qu'elle découvre la "chambre de Rodinsky" et se trouve happée irrémédiablement dans son vortex. Elle décide alors de tout faire pour savoir qui était son mystérieux locataire disparu. Son enquête est passionnante. Non, son enquête est une passion, un chemin de croix. Les indices sont rares, les témoignages fuyants et contradictoires, les documents difficiles à exhumer. Mais Rachel s'entête, ça devient une obsession, elle passe des heures dans cette chambre, va de témoin en témoin, refait le chemin de nombreux immigrants juifs, trouve autant d'ombres que de proies, revisite son propre passé. Sa rencontre avec l'écrivain Iain Sinclair renforce son désir d'écrire sur Rodinsky, et tous deux composent alors un chant à deux voix, fascinant, haletant, poignant.

C'est comme deux cercles à la fois indépendants et enchâssés. Les chapitres de Sinclair sont de nature excentriques, ils partent du noyau-Rodinsky et vont s'élargissant, dans l'espace et le temps, recomposant la vie du quartier, traversant les strates culturelles et les dépôts de mémoire qui se sont accumulés autour et dessus. Avec sa phrase incroyablement dense et riche, qui brasse et vivifie, relie et dévoile, Sinclair s'interroge sur la figure du disparu mais surtout sur les métamorphoses des lieux, cette façon qu'ils ont d'être à la fois dévorés de l'intérieur et rongés de l'extérieur, telles des cellules faisant l'expérience de la dissolution pour tenter de survivre. Les chapitres de Rachel Lichtenstein sont concentriques, ils tentent de cerner au plus près l'individu Rodinsky, s'efforcent de ne rien laisser passer, conservant la moindre information, la traitant, toujours sur le point de voler en éclats sous la pression des éléments contradictoires: Rodinsky apparaît tantôt comme un érudit, tantôt comme un pauvre "meshugener", tantôt mort, tantôt hantant les limbes. Un fou ou un alchimiste. A la fois rabbin, golem, fantôme, ancêtre, point aveugle, histrion, pauvre diable… Mais Rachel est l'obstination même et elle finira par relier la naissance et la mort, le mystère et la révélation, son existence et celle de Rodinsky.

Livre de la disparition – d'un homme, d'un quartier, d'une tradition, mais aussi d'un peuple, d'une époque – Le secret de la chambre de Rodinsky, où l'érudition magique de Sinclair rejoint la quête vitale de Lichtenstein, plonge le lecteur dans un temps et un espace en perpétuelle contraction/expansion. L'impossibilité de savoir qui était vraiment Rodinsky devient peu à peu la clé d'une expérience outrepassant les limites de l'enquête sociologique ou biographique, une expérience de lecture du monde, des signes de sa déshérence, des vides laissés par l'invisible mouvement des vies inaperçues. Un livre-talisman, pour aller au-delà.

(J'ai repéré Le secret de la chambre de Rodinsky sur l'excellent site d'Emmanuel Requette, qui dirige la librairie Ptyx, à Bruxelles. Je me suis alors rendu compte que ce livre avait été traduit de l'anglais par Bernard Hœpffner, qui venait lui-même de disparaître, alors même que je travaillais, de mon côté, sur La disparition de Georges Perec. — Les grands livres sont peut-être des sortes de "kaddish", qui enrichissent "notre volonté de nous améliorer en cette vie, et de laisser derrière nous toute pensée de mort et de déchéance." Et maintenant: Alav ha-shalom.)

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Le secret de la chambre de Rodinsky, de Rachel Lichtenstein et Iain Sinclair, 2001, traduit de l'anglais par Bernard Hœpffner et Marie-Claude Peugeot, éditions du Rocher, collection Anatolia, dirigée par Samuel Brussell,


dimanche 9 juillet 2017

La fulgurence critique du jour

Lu dans la revue Bifrost n°86, sous la plume d'un certain "Org", cette prédiction mâtinée d'inquiétude au sujet du Jérusalem d'Alan Moore, à paraître le 30 août 2017 chez Inculte :



Qui sait? Peut-être l'ouvrage parviendra-t-il jusqu'à fasciner quelques lointains cénacles de province qui se shootent au Dauphiné Libéré ? En tout cas, le livre a déjà réjoui plusieurs dizaines de milliers de provinciaux anglais qui ne lisent sûrement que la Gazette de Manchester. C'est déjà ça.

Vortex Piment









tourne le piment
à la peau annelée
enfin l'été pique

Films 19 & 20 : L'Enfance d'Ivan & Latifa – Fin du Festival…

L'enfance d'Ivan, d'Andreï Tarkovski, 1962

Premier long métrage de Tarkovski, et déjà un émerveillement de bout en bout, ou plutôt de plan en plan,  avec des flash-backs / souvenirs métamorphosés en rêves, la présence magique de l'eau-miroir, l'opposition légèreté/pesanteur. Appelé au pied levé pour remplacer le réalisateur qui devait tourner cette adaptation d'une nouvelle de Vladimir Bogomolov, et qui avait déjà mille cinq cents mètres de pellicule, Tarkovski, à peine la trentaine, imposa de tout changer (casting, scénario…) et de tout recommencer, évitant ainsi aux spectateurs ce qui aurait sans doute été un film patriotique de plus.

&


Latifa, le cœur au combat, d'Olivier Peyon et Cyril Brody, 2017, 1h37


Documentaire sur le combat que mène Latifa Ibn Ziaten, cette femme dont le fils militaire a été assassiné par Mohammed Merah le 11 mars 2012. Les deux réalisateurs ont suivi Latifa dans ses nombreux déplacements et interventions pour parler aux jeunes, les mettre en garde contre la tentation du terrorisme, leur insuffler du courage, leur parler en toute simplicité. Infatigable et déterminée, à la fois sereine et brisée à l'intérieur, Latifa sait trouver les mots pour déverrouiller les cœurs des ados. C'est produit par Haut et Court, donc c'est bien. Sortie le 4 octobre.


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Voilà, c'est la fin de cette série de brèves chroniques sur le Festival du Film de La Rochelle, où je me suis rendu pour la troisième année consécutive. Une semaine, une vingtaine de films. Des files d'attente d'une heure, toujours agréables. Des organisatrices impeccables. Des copies restaurées. Des avant-première en pagaille. Docu, fiction, débats, rencontres, ciné-concerts, you name it. Et cerise sur le gâteau: pas de compétition, rien que du bonheur. Bon, on éteint le projo et on rouvre un livre. En plus, jeudi, on se rend à La Baule pour participer à Ecrivains en bord de mer – on vous en parlera.

samedi 8 juillet 2017

Une petite pause en attendant la fin du monde


Film n°18 – Le crime était presque parfait

Le crime était presque parfait, d'Alfred Hitchcock, 1954


Quand on connaît bien un film d'Hitchcock, l'aventure ne fait que commencer. On peut à son tour mener l'enquête, soulever les coins, tendre l'oreille, grignoter des indices. Dans Le crime était presque parfait, on pourra donc se livrer à diverses investigations en apparence mineures, lever quelques lièvres prétendument discrets…

On s'amusera, comme dans L'ombre d'un doute, à repérer l'obsession pour le double, la paire, bref, la duomanie: 2 bas, 2 clés, 2 imperméables, 2 assassins, 2 hommes dans une vie, 2 hommes qui enquêtent, deux portes donnant accès au même espace, 2 pseudos pour l'assassin, etc. Comme le dit l'assassin à la fin du film: "La réalité et la fiction sont souvent deux choses différentes."

On pourra y chercher la présence du cinéaste, qui cette fois apparaît par ses initiales, avec en prime un clin d'œil à L'homme qui en savait trop, puisqu'il est question à un moment d'un certain "Albentall". C'est Tony Wendice qui dit avoir du mal à déchiffrer un nom sur l'agenda de sa femme Margot, laquelle lui fait alors remarquer qu'il s'agit en fait… du Albert Hall. ("Un de tes anciens amoureux. – C'est la salle de concert.") Ah ah ! AH.

On s'amusera de voir que le personnage de l'assassin courtise les femmes seules et les veuves pour leur argent, comme le Charlie de L'ombre d'un doute.

On notera que Tony Wendice est un ancien joueur de tennis, tout comme le Guy Haines de L'inconnu du Nord-Express…

Que le même Wendice, quand il compose le numéro de sa femme, commence par la lettre "M", pour "murder", bien sûr", mais ce "M" est aussi le double inversé du "W" qui commence son nom…

Enfin, le film s'achève sur le gentil inspecteur qui se peigne la moustache, or autrefois, dans les films muets, la moustache était l'attribut du méchant, comme c'est le cas dans le film Chantage, quand l'ombre d'un candélabre vient apposer une moustache au-dessus de la bouche du peintre qui s'apprête à tuer Alice (Hitchcock: "Autrefois, les méchants avaient une moustache et donnaient des coups de pied aux chiens"…). Mais cette fois-ci, la moustache est soigneusement peignée, les temps ont changé…